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Le soir aux roses mouillées
J’ai versé l’eau du soir aux fleurs, aux buissons noirs,
Et les grands arbres droits, sur la terre arrosée,
Semblaient lever vers Dieu leur ramure apaisée,
Tandis qu’au ciel brûlaient les derniers encensoirs.
L’orange du couchant flambait sur les miroirs
Que les flaques faisaient dans l’herbe reposée ;
Puis une ombre venait, profonde et composée,
Nouer de bleu la nuit aux jardins des vieux soirs.
Deux oiseaux, quelque part, sifflaient dans le silence,
Comme un reste d’amour, comme une survivance,
Au bord du monde éteint que le vent refermait.
Et moi, debout, parmi les feuilles et les choses,
Je sentais dans mon cœur monter l’âme des roses,
Et ce grand soir d'été qui, ravi, s'endormait.
20260707
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