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le corps et le voyage
Le corps s’étend, tranquille, aux frontières du monde,
Comme une île offerte à la douceur du soir ;
Au loin glisse un vaisseau chargé de sa mémoire,
Sous le ciel où le rose à la lumière abonde.
La chair devient falaise, et la hanche une onde,
Un continent secret que nul ne peut savoir ;
Cependant les rameurs poursuivent leur devoir,
Vers quelque ancien pays que l’horizon seconde.
Qui voyage vraiment : le navire ou le corps ?
L’un traverse les mers, l’autre invente ses ports,
Et chacun porte en soi sa part d’inaccessible.
Peut-être sommes-nous ces deux rêves mêlés :
Un peu de chair offerte aux rivages possibles,
Un peu de vent cherchant des ailleurs étoilés.
20260917
Sur un tableau de Francis Denis

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